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Jacques PANSARD
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Faut-il externaliser son informatique ?
Sur un marché mondialisé, les entreprises
compétitives se recentrent sur leur coeur de métier, privilégiant des modes
de fonctionnement plus souples et plus réactifs pour leurs activités connexes.
La fonction informatique n'échappe pasà cette tendance, notammentpour les deux
raisons suivantes :
1. la complexité croissante des architectures
L'explosion du micro et le développement des réseaux, accentué par l'effet Internet,
conduisent aujourd'hui à des architectures techniques de plus en plus complexes.
Postes de travail et autres équipements de proximité, systèmes de communications,
serveurs, représentent des configurations réunisant plusieurs milliers de composants
matériels et logiciels ! Et la perspective des nouvelles architectures à
bases de "services web" ne milite pas pour une tendance à la
simplification !
Face aux mises à jour permanentes de ces composants, l'administration et la
maintenancedu Système d'information suppose désormais une multiplicité de Compétences
techniques de haut niveau,que toute entreprise ne peut s'offrir à demeure
. 2. la standardisation du coeur des applications
Depuis le début des année 70, les informaticiens contribuent au développement
d'un nouveau patrimoine immatériel de l'entreprise, le système de gestion informatisé.
Il s'agissait au départ de logiciels spécifiques à chaque organisation, réalisés
par des équipes internes, renforcées par des ressources externes issues de SSII
(Sociétés de Services en Ingéniérie Informatique), dans le cadre de prestations
"sur mesure" (forfait ou régie).
Puis les "progiciels" - contraction de "produit" et de "logiciel" - ont permis
de mettre en place des solutions plus économiques parce que plus standardisées,
pour lesquelles le savoir-faire s'est externalisé.
Couvrant un domaine fonctionnel de plus en plus étendu, les nouveaux "progiciels
de gestion intégrée" (PGI) garantissent une information de qualité au service
des processus opérationnels. leur mise en oeuvre de représente une opération
extrêmement lourde, systématiquement confiée à des Intégrateurs externes.
Avec un peu de recul, on constate qu'au delà du développement,le fonctionnement
de ces nouvelles solutions (administration, maintenance) pèse également,dans
la durée cette fois-ci, sur le budget de l'entreprise.
Dans un tel contexte, une nouvelle réflexion sur la politique de sous-traitance
s'impose.
Si la plupart des organisations du secteur Industrie et Services ont compris
l'intérêt éconpomique de l'acquisition des progiciels qui les dispense de développements
longs,coûteux et parfois hasardeux, certaines considèrent que l'exploitation
et la maintenance doivent suivre le même processus.
C'est pourquoi, depuis une quinzaine d'années, de nouvelles offres se structurent
visant à proposer des solutions d'externalisation plus ou moins complètes de
la fonction informatique.
On parle de Facilities Management (ou d'Infogérance) totale ou partielle, temporaire
ou non, de Tierce Maintenace Applicative, de location de parc matériel et logiciel,
et aujourd'hui de Fourniture de Service Applicatif.
Il s'agit là d'opérations très sensibles, tant au plan technique qu'au plan
humain,justifiant une analyse très fine des enjeux et des risques.
Les principaux paramètres susceptibles de promouvoir - ou de freiner - ce type
de réflexion :
- la qualité du service rendu, la maîtrise des coûts,
- le niveau des compétences internes, la sensibilité du système d'information
face aux exigences "métier",
- la culture de l'entreprise.
Par expérience, les principaux facteurs de succès d'une telle évolution sont
les suivants :
- une définition claire des objectifs (au delà des coûts) s'inscrivant dans
une vision stratégique à long terme,
- des opportunités de développement personnel des individus concernés,
- une sélection rigoureuse des partenaires, notamment évalués sur leur compréhension
du contexte client, leur réactivité, leur créativité, et leur climat social
- des dispositions contractuellles très précises concernant : la réversibilité
en cours de contrat, la sécurité, la durée du contrat et son mode de renouvellement,
la gestion des évolutions de périmètre, le niveau d'engagement du prestataire
sur le service rendu, les modalités de partage de valeur (rémunération variable
de la prestation, en fonction des résultats économiques ou de
l'utilisation - on parle alors d'informatique "à la demande")
- le développement de nouvelles compétences pour maîtriser les choix stratégiques
et piloter très étroitement ces nouvelles prestations (voir Fiche Technique
consacrée à ce sujet)
Incontournables à long terme, de tels changements doivent s'inscrire dans une
démarche progressive, volontariste et transparente.
© jpansard -2003l
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